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Boost Battle Run : Comment Adidas a posé sa paire sur le Running parisien?

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Clément Cosnier
Written by Clément Cosnier
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Sport/Mode – Retour sur le succès du Boost Battle Run d’Adidas qui a imposé sa gamme running Boost aux coureurs de Paris alors que la seconde édition débute le 8 avril

Le 21 février dernier a eu lieu la finale de l’Adidas Boost Battle Run, couronnant la foulée gagnante de l’outsider de la running.

Outsider, car le marché est une sorte de partie de Super Smash Bros Melee ou chaque ponte du street/sportwear vient rouler des mécaniques.Tendance lourde des dernières saisons, portée, détournée, la running est partout et surtout en dehors des pistes. Il n’y a qu’à voir les ventes qui explosent, de la Flyknit de Nike à la Saucony Originals en passant par la CM1600 de New Balance, portées par bon nombre d’êtres frêles allergiques au sport qui séchaient le triple bond au collège.

En humant un peu l’air, on se dit qu’on est à un moment de saillance ou les évolutions sociétales irriguent la mode. Très schématiquement, promotion de la vie saine, de la santé et du sport ou encore de la performance (pour ne citer que ces éléments), ont des incarnations stylistiques, à l’exemple du sweatpants mais surtout de la running. Accompagné par la démarche mode, le marché bien plus littéral de l’Urban Running se porte extrêmement bien.

Avec son Boost Battle Run, Adidas a mis en orbite sa gamme de running reposant sur une technologie alliant retour d’énergie et amorti spécifique.

Un marketing communautaire grandeur nature

Marketing communautaire de génie élaboré par l’agence Ubi Bene, dans la droite lignée des palio italien (les concours inter-quartier des villes italiennes, entre folklore et tradition), le concours voit s’affronter les quartiers de Paris dans un challenge de running. Toute la saveur tient dans une rivalité de proximité chapeautée par Adidas dont les réseaux sociaux ont fait caisse de résonnance. Le volet digital du dispositif est couvert par Isobar et pose là aussi des structures propices à l’épanouissement de la communauté.

Les quartiers de la Boost Battle Run Paris

 

On est ici dans une campagne de communication avec un storytelling semi didactique, les quartiers se voyant dotés de Blasons réalisés par Franck Pellegrino, de QG, de Leader, instillant juste assez de cadre pour que des communautés se structures, et s’emparent complètement du « jeu ».

Le challenge est ainsi passé de la gestion d’entraînements hebdomadaire vaguement pilotée par la marque à de vraies entités qui ont chacune été l’écrin d’expériences communautaires. C’est savoureux quant on sait l’ostracisme que subissaient les rôlleux pour avoir sorti leurs dés 12 faces à la pause du midi.

les blasons de la boost battle run d'Adidas

Une marge de manœuvre importante pour les participants

 Les communautés de quartier du Boost Battle Run produisent d’autant plus de contenu qu’elles bénéficient de leurs propres vitrines sur les réseaux sociaux.

Des 1000 attendus, le challenge en a rassemblé 10 000 participants répartis dans les différentes factions de quartiers, se structurant et se hiérarchisant avec de réelles créations de postes (social média, chefs de divisions etc) et un engouement à faire pâlir d’envie n’importe quel chef de gamme !

 mobilisation générale Boost battle run adidas

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D’une stratégie classique d’appui sur des leaders d’opinion capables de polariser et de fédérer, on est très vite sortie des schémas des -brillantes- agences de communications. L’invitation à la collaboration des stratèges locaux, enjoints à participer au développement de la suite du challenge illustre la tournure organique de la campagne.

En prenant un peu de champs, on voit clairement qu’Adidas a réussi son coup en fédérant autour de sa gamme de running non pas –seulement – sur la dimension intrinsèque de ses produits mais en jouant sur les multiples dimensions de la valeur perçue.

franck pellegrino design boost battle run adidas

De l’importance de générer de la communication interactionnelle

Cela souligne l’importance de dépasser la réflexion verticale et condescendante quand on sert sa soupe, pour laisser des espaces de personnalisation qui quand la campagne s’y prête, dynamisent l’engagement de la cible.

Sur les terrains interactionnels de la communication, le Boost Battle Run matérialise les apports du Marketing communautaire et expérientiel, mais également de la co-construction d’offre (de communication ici).

Sérieusement, non mais regardez-moi ce fanatisme consumériste au doux parfum d’olympiades de fraternité américaine !

Porté par le succès d’une première édition haute en couleur, le second Boost Battle Run démarre le 8 avril. Mais avec une pépite pareille entre les mains, on voit mal Adidas ne pas internationaliser son concept !


About the author

Clément Cosnier

Clément Cosnier

Etudiant dans un Institut d’administration des entreprises mais avec une formation initiale baignée dans les Sciences Humaines et Sociales, j’aime aborder les trucs de marchands* avec la même acuité que Nadine Morano la sémantique du charretier.

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